Les 5 Principes pour Comprendre nos Habitudes

Les 5 Principes pour Comprendre nos Habitudes

Hey ! Dans cet article on discute des habitudes, notre support est le très bon livre « The Power of Habit » de Charles Duhigg.

Le café que l’on prend tous les matins au même endroit, ce « moment série » pendant nos soirées et la discussion avec ce collègue au bureau toujours à la même heure.

Nous avons chacun des habitudes que nous répétons régulièrement et finalement sans vraiment y penser. Et pourtant, elles ont une place importante dans nos vies, (jusqu’à 40% de nos actions)  que ce soit par rapport au temps qu’elles nous prennent ou simplement vis-à-vis de leurs impacts positifs ou négatifs.

Un Phénomène Fascinant, Fondamental à la Vie  !

D’où viennent nos Habitudes ?

Without habits loops, our brains would shut down, overwhelmed by the minutia of daily life
– Charles Duhigg dans « The Power of Habit »

Le processus d’habitude est en fait un comportement très ancien. C’est un caractère, non exclusif à notre espèce, que nous avons acquis lors de notre évolution. Principaux avantages évolutifs ? Comme il est « automatique », d’une part il ne demande pas beaucoup de calorie donc minimise notre dépense énergétique. Et d’autre part notre temps de réaction est moins important, ce qui nous permet d’agir plus rapidement (les sportifs de haut niveau utilise notamment cette méthode). 

Lorsque vous respirez ou que vous marchez (si tant est que vous ayez plus de 2 ans), vous activez une partie de votre cerveau qui est en charge de stocker nos habitudes : Les ganglions de la base.

Tandis que le cortex préfrontal, responsable de nos capacités de réflexion et de choix n’est pas sollicité. D’où l’aspect automatique de nos habitudes et la sensation de ne pas y réfléchir.

 

Mais Comment nos Habitudes se Forment-elles ?

In the past decade, our understanding of the neurology and psychology of habits and the way patterns work within our lives, societies and organizations has expanded in ways we couldn’t have imagined fifty years ago. 
– Charles Duhigg dans « The Power of Habit »

Source : https://medium.com/@BennyDubya/101-tokens-rocktober-c0c55e1582d8

Le mécanisme est simple et se décompose en trois phases :

Le signal (trigger), il peut être sensoriel (une odeur, la vue de quelque chose, un lieu …), émotionnel (le stress, la peur…). C’est l’élément qui va déclencher le processus.

L’habitude (routine), ce sont les actions que nous allons mécaniquement réalisées à la suite du stimulus. Comme un algorithme effectuerait une suite d’instructions.

Enfin la récompense (reward) (baisse du niveau de stress, hausse du taux de sucre, un soulagement, l’excitation …), c’est la phase clef car elle va ancrer l’habitude dans notre cerveau. Celui-ci va sécréter de l’endorphine et nous procurer une sensation de plaisir que nous chercherons à retrouver en exécutant l’habitude à nouveau.

 

Des Habitudes « Boule de Neige »

A huge body of research has shown that small wins have enormous power, an influence disproportionate to the accomplishment of the victories themselves
– Charles Duhigg dans « The Power of Habit »

Si vous faites régulièrement du sport, vous aurez peut-être remarqué que cette habitude a de nombreuses implications dans votre vie. Vous avez en général plus d’énergie, de motivation, ce qui peut vous permettre de travailler sur vos projets plus souvent, plus efficacement.

Ces habitudes sont qualifiées de structurantes ou « boule de neige ». En ce sens qu’elles vont avoir une certaine portée, les réaliser va avoir d’autres impacts. Ces « Small Wins » vont avoir un fort impact car elles créent un momentum qui va vous entrainer et vous mettre dans de bonnes dispositions pour accomplir d’autres actions. 

 

Les Habitudes sont aussi Sociales

L’Entreprise, une Communauté de Personnes donc une Communauté d’Habitudes

Photo by Joseph Gonzalez on Unsplash

Starbucks taught their employees how to handle moments of adversity by giving them willpower habit loops
– Charles Duhigg dans « The Power of Habit »

Il est assez facile en entreprise de remarquer des routines. En effet, les habitudes y ont une place essentielle, elles forment sa culture et forgent son identité.

Pour ce qui est du fonctionnement, l’entreprise étant schématiquement un regroupement d’individus, on retrouve les mécanismes individuels auxquels viennent s’ajouter ce que l’on pourrait appeler des mécanismes d’interaction. En ce sens que chaque individu influe sur les habitudes des personnes avec qui il intéragie.

Un autre point soulevé dans le livre est que les habitudes en entreprise sont aussi difficiles à modifier qu’elles le sont pour un individu (voir plus si on considère une sorte d’inertie due au nombre de personnes qui suivent cette habitude).

Elles peuvent être bénéfiques comme la culture du dépassement de soi ou du bien-être des collaborateurs. Mais aussi négatives comme une incitation à la performance individualiste, des process dysfonctionnants ou une verticalité hiérarchique paralysante.

Cependant une période particulière est propice aux modifications de fond dans les habitudes d’une entreprise : une crise. Les repères sont perdus et tout peut être remis en question.
L’auteur souligne d’ailleurs que les bons leaders sont ceux qui profitent (voir simulent) des périodes de crise pour modifier profondément la culture de leur entreprise.

C’est ce qui s’est passé chez Starbucks. En 2007 l’entreprise bien connue de café connait d’importantes difficultés. L’offensive de nouveaux acteurs sur le marché, des changements de comportement chez les consommateurs et les préludes de la crise économique mettent fin à l’ascension du fameux distributeur. La fréquentation baisse dans des proportions inédites et mécaniquement le cours de bourse de l’entreprise chute de 42%, Starbucks est au pied du mur.

En 2008, Howard Schultz créateur de Starbucks, reprend le poste de PDG et entreprend (entre autre) d’inculquer à ses salariés de nouvelles habitudes. La problématique est la suivante : quand un client vient chez Starbucks et paye 4 euros pour un café, il ne doit pas uniquement recevoir ce café mais aussi vivre une expérience. Les salariés doivent proposer un service de grande qualité, à tout client, à tout moment, le développement d’habitudes est un outil tout indiqué.

Par conséquent, l’entreprise développe un système de formation poussé qui vise à rendre naturelle, automatique l’expérience client Starbucks et à entraîner la volonté de ses collaborateurs. Les mises en situation sont répétées, même pour des cas sensibles, afin que le salarié développe des habitudes et puissent réagir avec la même qualité de service à toutes les situations. De plus, les collaborateurs de chaque site sont libres de la disposition du lieu, la sensation d’avoir de l’emprise sur la situation tendant à renforcer notre volonté.   

Aujourd’hui, Starbucks pèse 76 milliards de dollars et est la plus grande chaîne de distribution de café dans le monde. La société a su capitaliser sur la crise qu’elle a connue pour développer une nouvelle culture d’entreprise.

 

Les Phénomènes de Société

 

Photo by Nicholas Green on Unsplash

Movements don’t emerge because everyone suddenly decides to face the same direction at once. They rely on social patterns that begin as the habits of friendship, grow through the habits of communities, and are sustained by new habits that change participant’s sense of self
– Charles Duhigg dans « The Power of Habit »

Mais plus globalement ce sont les phénomènes de société qui peuvent être vues à travers le prisme des habitudes. Des événements marquants tel que le « Civil Right Movement » ou encore l’indépendance indienne menée par Gandhi n’auraient pas eu lieu sans elles. 

On peut essayer d’appréhender la physique de tels mouvements. Tout d’abord un événement déclencheur, comme celui de Rosa Parks dans le bus de Montgomery. C’est une amorce, sur lequel peut se construire un momentum. Et sa formation se fait notamment à travers les relation sociales qui vont permettre sa diffusion.

Nous avons tendance à nous entourer de personnes qui nous ressemblent socialement parlant. Et c’est d’abord dans cette « première couche » que va facilement se diffuser un mouvement aidé par l’amitié et la « pression du groupe social ». L’amitié tout d’abord, c’est un lien social puissant chez l’Homme qui peut nous pousser à prendre des risques. Par exemple recommander un ami pour un emploi, prêter de l’argent etc …

Ensuite, nous appartenons tous à un ou plusieurs groupes sociaux et nos pairs s’attendent à ce que nous réagissions d’une certaine façon face à un événement. Le plus souvent nous allons réagir en adéquation avec leurs attentes par peur du rejet du groupe social (une peur fondamentale chez l’Homme, venant de notre caractère primitif de vie en tribu). On assiste à une diffusion intra-groupe, dans les couches sociales proches de la source.

Mais pour que le mouvement soit de grande ampleur, il doit se propager à travers les différents groupes sociaux. Et cette globalisation n’est pas évidente, ce sont les personnes ayant des relations « riches », d’une grande diversité de groupes sociaux, qui vont permettre cette diffusion inter-groupes. Enfin pour que le mouvement dure, il est nécessaire que ses participants se l’approprient. Il doit changer leur perception d’eux même, les responsabiliser.

Bien-sûr ce modèle est simplificateur et ne traduit pas toute la complexité des phénomènes de société. Mais il permet de voir une dynamique, des caractéristiques qui relève du phénomène d’habitude à l’échelle de groupes sociaux.

 

Résumé

  • Le phénomène d’habitude est un fonctionnement cérébral dont nous avons hérité de l’évolution. Il présente les avantages de consommer peu d’énergie et d’être automatique donc rapide d’exécution.
  • Le modèle Signal/Habitude/Récompense est communément admis pour traduire le phénomène. Il permet de comprendre son fonctionnement et donc de pouvoir agir sur celui-ci.
  • Les habitudes sont aussi sociales, elles sont présentes aux échelles des entreprises et de nos sociétés. Les identifier et comprendre comment elles s’appliquent dans un contexte relationnel offre une perspective intéressante de compréhension puis d’action.
  • Comprendre les habitudes c’est se redonner le potentiel de les modeler comme bon nous semble.

 

Le Pouvoir des Habitudes

« Choose your habits well. »
– Ray Dalio dans Principles

Le style est simple, sans surutilisation de jargon technique. Ce qui n’empêche pas un travail de fond qui regorge d’exemples, d’articles, de recherches et de cas qui illustrent très bien les propos.

Finalement, la compréhension de nos habitudes qui par principe n’attirent pas notre attention, nous restitue un certain pouvoir. Nous retrouvons le choix de réorienter les actes que nous réalisons sans réfléchir et parvenir à automatiser des comportements qui s’alignent avec nos objectifs.

Pour aller plus loin je te propose ça et ça, deux articles très intéressants sur le sujet, tirés de l’excellent site Medium.

 

Et toi que penses-tu du caractère primaire des habitudes ? Crois-tu que notre raison puisse supplanter leur origine primitive ?

Prends un moment pour te rendre compte de tes habitudes. Certaines ne te plaisent pas ? Tu aimerais en implanter de nouvelles ? Décompose-les et vois comment tu peux les modifier ou les ajouter.

 

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A bientôt pour un nouvel article !

 

 

Cet article a 2 commentaires

  1. Salut Gaelle, merci pour ton commentaire !
    C’est intéressant lorsque l’on a du mal à stopper un comportement négatif ou que l’on n’arrive pas à implémenter une routine qui serait positive. Encore faut il poser son diagnostic.
    A bientôt !

  2. j’ai jamais vraiment fait attention a mes habitudes, il faudrait que je voie vraiment ce que je fais par habitude pour comprendre ce que j’aurai a changer ou non. ton article est tres interessant merci !

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